2016
Installation (cartes géographiques de l’Océan Atlantique découpées et épinglées)
Dimensions variables
FR / Entre nous est le résultat d’une action romantique qui s’est déployée le temps d’une année de séparation géographique de deux personnes qui s’aiment. L’une et l’autre chacune d’un côté de l’Océan Atlantique. Cette masse de bleu dont j’ai du mal à imaginer la continuité, la profondeur et la matière liquide et mouvante me sépare de l’être aimé. Je découpe dans des atlas et des cartes routières la forme de l’Océan Atlantique, à toutes les échelles et tous les lieux. En l’ôtant des cartes géographiques, j‘annule la distance ou plie l’espace comme on replie une carte. Je suis comme Pénélope tissant et détissant sa toile jour après jour en attendant le retour d’Ulysse, un long poème qui s’évanouira au moment des retrouvailles.
EN / Entre nous / Betwwen Us is the result of a romantic action that unfolded over the course of a year of geographical separation between two people in love. Each of us on one side of the Atlantic Ocean. This vast expanse of blue—whose continuity, depth, and fluid, shifting nature I struggle to imagine—separates me from my beloved one. I cut out the shape of the Atlantic Ocean from atlases and road maps, at every scale and in every location. By removing it from the maps, I erase the distance or fold space. I am like Penelope, weaving and unweaving her tapestry day after day while awaiting Ulysses’ return—a long poem that will vanish the moment we are reunited.
"Or to take arms against a sea of troubles... – Shakespeare, Hamlet.
Bien s’armer contre une mer de soucis et de contraintes, regarder cette mer en face, la contempler, la visualiser, oser concevoir sa forme pour mieux espérer s’affranchir de son poids, tel est la tâche artistique qu’entreprend ici Chloé Mossessian avec une maturité d’exécution certaine. La pièce principale est dominée par une masse de rubans bleus accrochés sur toute la hauteur et la longueur de son plus grand mur. En s’en rapprochant, on se rend compte qu’il s’agit de bouts de papier adroitement découpés : des morceaux de cartes géographiques qui représentent, tous, une partie de l’océan Atlantique. C’est au-delà de ces eaux qu’habite l’être aimé, une distance tant réelle que symbolique que l’artiste matérialise afin de la démystifier.
– Makis Malafékas